Voir aussi : Les 10 choses à savoir sur l’asthme de l’enfant

Asthme et pollution intérieure : les bonnes pratiques pour améliorer la santé de toute votre famille

L’asthme est une maladie chronique qui se traduit par une inflammation des voies aériennes. Cette inflammation cause une hypersensibilité des voies respiratoires qui deviennent facilement réactives. Plusieurs facteurs sont susceptibles de déclencher une crise d’asthme : un contact avec un allergène (acariens, pollens, animaux, etc.), une inhalation de substance polluante ou irritante (tabac, fumée, pollution, peintures, etc.), une infection virale comme le rhume, la prise de certains médicaments, l’ingestion d’un aliment ou encore le stress. Chaque individu sera plus ou moins sensibles à ces facteurs déclencheurs de crise. Pour un même individu, ils peuvent également intervenir en proportion variable en fonction de l’évolution de l’asthme. 

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Identifiez les sources de pollution de votre habitat. Crédit : Freepik

Adoptez les bons réflexes au quotidien

Vos enfants passent plus de 70% de leur temps au domicile et contrairement à ce que l’on pourrait penser, notre intérieur est lui aussi pollué. La pollution intérieure provient de la pollution extérieure mais pas seulement : nos activités quotidiennes peuvent en effet créer une pollution d’origine biologique ou chimique. Des précautions sont donc à prendre pour réduire les risques de crise de votre enfant asthmatique. Attention, les différents polluants pouvant exister au sein du domicile sont également responsables d’autres problèmes de santé : rhinites allergiques, eczéma, urticaire, conjonctivites, migraines, vertiges, fatigue. Il est donc essentiel d’adopter de bons réflexes pour améliorer la santé de toute votre famille.

Aérer 10 minutes par jour

Le premier bon réflexe à adopter est d’aérer 10 minutes par jour, été comme hiver. Cette durée est suffisante pour renouveler l’air intérieur et réduire la concentration des polluants de l’habitat. Si vous avez peur que l’air extérieur soit encore plus pollué, sachez que certains polluants peuvent être 15 fois plus concentrés à l’intérieur qu’à l’extérieur. L'aération du domicile permet de réduire la pollution intérieure, mais pas de l'éliminer. Il faut alors identifier la source des polluants afin de pouvoir mettre en place des mesures pour réduire leur émission.

Ventiler l’habitat

En plus d’aérer quotidiennement, il est important que votre habitat soit bien ventilé. La ventilation va permettre de renouveler l’air en assurant une circulation générale et permanente. La ventilation peut être naturelle (l’air circule dans le logement par des entrées et sorties d’air) ou mécanique via un système électrique appelé VMC (ventilation mécanique contrôlée) qui va permettre un renouvellement automatique et continu de l’air.

Pour garantir une ventilation efficace, veillez à ce que les entrées et les sorties d’air ne soient pas bouchées ou cachées et nettoyez-les au moins une fois par an. Si vous avez une VMC, vérifiez que les systèmes ne soient pas bloqués et faites-la vérifier par un spécialiste tous les 3 ans.

Identifiez et agissez sur les sources de pollution

Aérer et ventiler sont deux réflexes à adopter peu importe la source de pollution intérieure. En parallèle, l’objectif est d’ identifier les différentes sources de pollution pour réduire les émissions polluantes.

Aussi, l’asthme de l’enfant a au moins une cause allergique dans 95% des cas . Il est donc conseillé, en accord avec votre médecin, d’effectuer un bilan allergologique pour adapter les mesures préventives suivantes à votre situation personnelle.

Les acariens

Les enfants asthmatiques présentent fréquemment une allergie aux acariens . Vous ne les verrez jamais car ce sont de petits arachnides invisibles à l’oeil nu. Un acarien mène une belle vie dès lors qu’il est bien au chaud (20-25°C), qu’il fait humide (70-85% d’humidité) et qu’il a de quoi manger (débris de peau humaine et moisissures). Les acariens se font une place à différents endroits de votre habitat : dans les matelas, les sommiers et dans tous les textiles (rideaux, tapis, moquettes, peluches, vêtements, etc.).

Pour limiter la prolifération des acariens, maintenez une température ambiante inférieure à 20°C et luttez contre l’humidité. Aussi, veillez à bannir la poussière et évitez les tapis et moquettes .

Concernant la literie en particulier, préférez des sommiers à lattes aux sommiers tapissiers. Il est également recommandé de protéger les matelas avec une housse anti-acariens et de choisir des couettes, couvertures et oreillers en synthétique, qui pourront être lavés à 60°C (à faire tous les 3 mois).

Les blattes (ou cafards)

Les blattes se multiplient très vites et comme les acariens, elles aiment évoluer dans un milieu humide, chaud et pourvu de nourriture. Elles sont visibles la nuit, vous les verrez surtout dans la cuisine, les conduits d’aérations et dans les poubelles. Ces insectes peuvent causer de l’asthme, des rhinites allergiques et des conjonctivites. Veillez à bien emballer la nourriture et à boucher les éventuelles fissures des murs. En cas de contamination, il est conseillé de désinsectiser le logement voire tout l’immeuble.

Les animaux

Même si nous adorons nos amis à 4 pattes, les animaux peuvent provoquer de nombreuses allergies. Les allergènes d’animaux sont très tenaces, ils sont transportés par les vêtements, les cheveux, les sièges de voiture, etc. Ces allergènes peuvent causer des rhinites ou rhino-conjonctivites et de l’asthme.

Avant d’adopter un animal, veillez à demander conseil à votre médecin pour vous assurer que votre enfant n’aura pas de réaction allergique dûe à sa présence dans votre habitat.

Si votre enfant est allergique à un des allergènes générés par votre animal, le premier conseil est de se séparer, si possible, de l’animal (en veillant à lui trouver une nouvelle famille bien sûr !). Si ce n’est pas possible, essayez de laver l’animal régulièrement et interdisez-lui les siestes dans la chambre.

Les moisissures

Les moisissures sont des champignons microscopiques que l’on retrouve sous forme de taches brunes ou noires. Elles se développent toute l’année dans des endroits humides, sombres et chauds typiquement dans la salle de bain, la cuisine, dans un matériau humide (suite à une fuite d’eau par exemple) ou dans la terre des plantes. Elles peuvent également se cacher derrière un papier peint ou du lambris.

Les spores de ces champignons, qui sont en suspension dans l’air, provoquent de l’asthme, des bronchites allergiques, des conjonctivites et des rhinites.

Comme toujours, il faut aérer et bien laisser entrer le soleil dans le logement. Pour enlever ces moisissures, désinfectez les surfaces contaminées avec de l’eau de javel . L’objectif est d’identifier et d’éliminer la cause des moisissures comme une fuite ou une infiltration d’eau.

Le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote (NO et NO2)

Ces gaz sont émis par les cuisinières, les chauffe-eau, les poêles à gaz, les cheminées à foyer ouvert, les radiateurs à gaz et la fumée de tabac. Ils peuvent également provenir de l’extérieur via les gaz d’échappement par exemple. Les oxydes d’azote sont irritants, ils augmentent la sensibilité des bronches et aggravent l’asthme.

Faites vérifier vos équipements régulièrement et ventilez bien la cuisine.

Le dioxyde de soufre (SO2)

Le soufre résulte de la combustion du charbon et du fioul. En s’associant à l’oxygène de l’air, il forme le dioxyde de soufre qui est un gaz très irritant. On le retrouve dans la cuisine et dans les pièces équipées de chauffage à charbon et à mazout.

Le dioxyde de soufre peut entraîner des irritations respiratoires, oculaires et cutanées. Il peut également provoquer des pharyngites, des bronchites chroniques et de l’asthme.

Veillez à bien entretenir votre chauffage.

Les composés organiques volatiles (COV)

Les composés organiques volatiles sont des substances chimiques qui se volatilisent à température ambiante. On en trouve en grande quantité dans la maison et leurs émissions varient en fonction de l’âge et la nature des matériaux, de la température et de l’humidité. Les COV sont générés par les matériaux de construction, de décoration, d’isolation, les peintures, les vernis, les colles, etc. mais aussi par les produits d’entretien et les produits cosmétiques (laques, déodorants).

Les COV irritent les voies aériennes (le risque est encore plus important chez vos enfants), les yeux, la peau et amplifient les réactions allergiques. Ils peuvent aussi causer des troubles cardiaques, digestifs, rénaux ou hépatiques, et des troubles du système nerveux. Ils ont également des effets cancérogènes et présentent un risque de malformation du fœtus.

Veillez à bien aérer lors de vos travaux et utilisez des peintures à faible teneur en COV. N’utilisez pas des produits dédiés à l’usage extérieur pour l’intérieur. Pensez à mettre des gants et un masque et évitez que vos enfants soient présents lors des travaux.

Le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est produit lors d’une mauvaise combustion, ce qui arrive notamment lorsque le chauffage est mal entretenu. C’est un gaz toxique, incolore et inodore. Chaque année, plusieurs milliers de personnes sont intoxiqués au monoxyde de carbone. À faible dose, il entraîne une intoxication chronique qui se traduit par des maux de tête, de la fatigue, des vertiges et des troubles digestifs.

Votre enfant est particulièrement sensible au monoxyde de carbone, comme le sont également les personnes âgées, les insuffisants respiratoires ou coronariens. Il faut donc absolument entretenir régulièrement tous les appareils à combustion (gaz, fioul, charbon) et leurs périphériques et bien vérifier les dates de péremption sur les tuyaux de raccord. Les conduits de cheminée doivent être ramonés une fois par an. Les grilles et bouches d’aération doivent également être nettoyés une fois par an.

Le tabac

Le tabac est le principal polluant à l’intérieur des logements. La fumée de tabac contient du monoxyde de carbone, des irritants, des produits cancérogènes et des métaux lourds. La fumée est extrêmement nocive non seulement pour le fumeur mais aussi pour son entourage (tabagisme passif).

Les effets sur la santé sont nombreux : cancers, aggravation de l’asthme et des allergies. Vos enfant et le fœtus sont particulièrement exposés. Il ne faut donc fumer en aucun cas à l’intérieur de la maison.

Retenez l’essentiel

  • Aérez quotidiennement pendant 10 minutes.
  • Ne fumez pas à l’intérieur, même avec les fenêtres ouvertes.
  • Évitez les tapis et moquettes, surtout dans les chambres.
  • Munissez-vous de protections anti acariens et lavez soigneusement la literie, les peluches et textiles d’intérieur.
  • Assurez-vous que votre enfant ne soit pas dans un environnement poussiéreux ni dans une pièce contenant des produits toxiques (garage, cave, grenier, etc.).
  • Limitez au maximum les produits dégageant des odeurs : bougies parfumées, encens, lessives parfumées, parfums d’intérieur, etc.
  • Ne bloquez pas les systèmes d’aération et procédez à un entretien régulier.
  • Avant le début de chaque hiver, faites vérifier les appareils à combustion.
  • Limitez l’utilisation des produits chimiques et respectez les conditions et doses d’utilisation.

Astuce : téléchargez la liste des essentiels à retenir et parlez-en avec votre médecin !

Faites-vous conseiller

  1. Un conseiller médical en environnement intérieur (CMEI) peut également intervenir chez vous pour faire un diagnostic et vous proposer des solutions adaptées. Plusieurs organismes sont à même de vous conseiller et vous aider à combattre la pollution présente dans votre intérieur : ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) ANAH (Agence nationale de l’habitat) Asthme & AllergiesOQAI (Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur)
Frédéric Bender

Docteur en pharmacie